L'Alchimie

L'alchimie est une discipline recouvrant l'ensemble des théories propos de la transmutation des métaux, notamment celle du plomb en or. Ces principaux objectifs sont la recherche de la prolongation de la vie humaine (voire l'immortalité), de la panacée et de créer une pierre philosophale. On peut regrouper ses buts dans un même ensemble appelé Grand Œuvre par ses adeptes.

L'alchimie commence à apparaître dès le IVème siècle avant J-C en Chine et au VIème siècle avant J-C en Inde. Cependant, l'alchimie occidentale prend ses sources dans celle de l'Égypte hellénistique des Ptolémées (entre les ans -100 et 300). Ensuite elle s'est développée dans le monde arabe puis européen surtout durant le Moyen-Age et la Renaissance.

Bien que ses objectifs soient quelques peu illusoires et douteux, et qu'ils aient été longtemps teintés d''occultisme, de magie ou de sorcellerie, cet ancien art est bien plus que cela. Aussi confondue, jusqu'au XVIIème siècle, avec la chimie, elle décline et s'efface face aux travaux de Lavoisier.


L'origine de l'alchimie

Les origines et les visions de l'alchimie sont différentes selon les lieux où on la pratique. En Chine, se sont des confréries de forgerons qui aurait détenu les secrets les plus prestigieux des arts magiques. En Inde, l'alchimie et très liée la discipline du yoga, car « l'un comme l'autre visent à purifier ces matières impures [le corps et les substances], les perfectionner et, finalement les transmuer en or. ». Quant aux égyptiens, ils ont surtout étudié l'origine et la nature des métaux et des pierres, comme les pierres précieuses. Selon la doctrine aristotélicienne, toute chose tend à atteindre la perfection. Ceci est un concept fondamental de l'alchimie. On supposait alors que tous les autres métaux étaient moins « parfaits » que l'or. C'est pourquoi on considérait que l'or était composé d'autres métaux ; et qu'avec beaucoup de dextérité un artisan pouvait reproduire cette synthèse dans son atelier.

Les alchimistes alexandrins utilisaient principalement quatre méthodes pour créer des semblants d'or :

  • La fabrication d'alliages semblables de l'or (l'aide de cuivre, de zinc ou de l'étain ; ils fabriquaient du laiton) ;
  • L'altération de l'or, c'est dire, en faire un alliage avec du cuivre ou de l'argent ; car les teintes de l'or ne se perdent pas ;
  • La dorure superficielle des métaux ;
  • L'extraction de « l'esprit » de l'or par distillation et sublimation.

 

 

 

L'alchimie arabe

Geber

Les arabes furent aussi de grands alchimistes. On raconte qu'elle naquit en 685 lorsque le prince Khâlid ibn al-Yazid demanda au moine Marianus, élève de l'alchimiste Étienne d'Alexandrie, de lui traduire en arabe des textes alchimiques grecs et égyptiens.

Parmi les alchimistes arabes, un s'est beaucoup démarqué, il s'agit de Geber (cf;fig.1). On lui attribue le septénaire des sept métaux : or/Soleil, argent/Lune, cuivre/Vénus, étain/Jupiter, plomb/Saturne, fer/Mars, vif-argent(mercure)/Mercure ; aussi la découverte de l'acide nitrique (HNO3), de l'acide sulfurique (H2SO4) et de l'eau régale (HNO3 + 3 HCl). Il isole aussi l'antimoine (Sb) et l'arsenic (As).

Selon le philosophe et médecin Râzi (864-932), appelé Rhazès en occident, l'alchimie est plus matérialiste et clairement pro-chimique. Ses ouvrages révèlent la préparation du zinc, de l'alun, des eaux-de-vies et du sel. Il fait aussi la différence entre « l'astronomie supérieure » ou céleste et « l'astronomie inférieure » ou terrestre, c'est-dire la différence entre l'astronomie et l'astrologie.


L'alchimie européenne


La table d'émeraude. De alchemia

L'alchimie européenne prend ses sources dans les traductions latines et arabes des anciens écrits, elle se développe d'abord en Espagne puis en France. On la pratique surtout au Moyen Age et pendant la Renaissance.

Vers 1250, Albert le Grand admet la transmutation et fait progresser la chimie, par le biais de l'alchimie, en découvrant les utilisations de l'antimoine, la fabrication des amalgames et isole l'éthanol. A la même époque, un autre théoricien de l'alchimie émet des hypothèses, c'est Roger Bacon. Il soutient que la médecine prolonge la vie, que c'est la pratique qui justifie la théorie (non plus l'inverse), et que l'alchimie est la science qui crée un élixir capable de rendre les métaux parfaits.

Au XVIème siècle, Paracelse se concentre sur l'utilisation médicale et sur l'aspect philosophique de l'alchimie. Selon lui, les corps sont composés des Trois Substances : le Soufre, le Mercure et le Sel ; représentant respectivement l'air, l'eau et la terre. Contrairement à la théorie des quatre éléments, il considère que le feu n'est pas un élément parce qu'il n'est ni pondérable ni matériel. Il croyait cependant à l'existence d'un élément inconnu, dérivant des quatre éléments découverts par les anciens : ce serait la pierre philosophale.



La pierre philosophale


L'œuvre alchimique est souvent citée de manière confuse, allusive ou symbolique dans les textes alchimiques. Car l'œuvre n'est pas qu'un simple procédé de préparation chimique ; c'est un parcours opératoire, initiatique et symbolique qui doit conduire la réalisation de l'homme parfait. Elle doit réaliser l'union du soufre philosophique et du mercure philosophique. Ce sont les « noces chimiques », qui unissent l'élément mâle (le soufre) et l'élément femelle (le mercure), l'union du « roi » et de la « reine » produit la pierre philosophale.

Selon les époques où on pratique l'alchimie, on constate des divergences au niveau du nombre d'étapes nécessaires la fabrication de la pierre : 12 étapes au XVIIIème siècle, 4 durant l'Antiquité grecque et 3 pendant le Moyen Age. Cependant c'est la méthode médiévale qui est la plus précise.

Pour commencer, il faut préparer la « pierre brute ». Pour faire, on utilise toutes sortes de matériaux, puis l'action du feu apporte le soufre et révèle le mercure enfoui dans la pierre : on la débarrasse de ses impuretés. Ensuite le feu, dissolvant universel, dissout la matière première et la liquéfie. On obtient l'eau mercurielle ou permanente, milieu où le soufre et le mercure sont unis et qui constitue la première représentation de la pierre. On place alors cette matière dans un vase, « l'œuf philosophique » symbole du monde rond et de la couvaison, avant de la cuire dans l'athanor. Enfin, commence la préparation de la pierre proprement dite, elle se divise en trois phases :

 

  • L'œuvre au noir (nigredo) : la calcination conduit à un résidu noir, matérialisant la mort des deux principes unis et leur putréfaction. Le soufre et le mercure perdent leur forme ancienne. C'est la « descente au tombeau ».
  • L'œuvre au blanc (albedo) : la matière noire est imbibée, humectée et réanimée. L'humectation a lieu au moyen de la rosée, recueillie dans des circonstances particulières et qui contient le spiritus mundi, l'esprit vital du monde.

 

 

Apparaît alors une certaine « verdeur », signe de renaissance, souvent symbolisée par le Lion Vert (le mercure) dévorant le Soleil (soufre).

C'est une nouvelle union des deux principes, une régénérescence. La matière noire blanchit. L'équilibre est rétabli entre le soufre et le mercure, c'est la résurrection. À ce stade, s'arrête le petit œuvre conduisant à la pierre blanche qui permet de transmuter les métaux en argent (argyropée).

 

 

 

  • L'œuvre au rouge (rubedo) : c'est la phase finale du grand œuvre. La matière blanche devient rouge (pourpre) couleur de la pureté et image de la résurrection symbolisée par le phénix.

 

La pierre philosophale est terminée, elle permet la transmutation des métaux en or, la chrysopée, et la « médecine universelle ».

 

 

 


Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site